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Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe

Le Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe (CSCOR) construit en plein cœur de Paris, sur le quai Branly, d’après le projet de l’architecte français Jean-Michel Wilmotte, a été inauguré le 19 octobre 2016. Le Centre fait partie intégrante de l’Ambassade de Russie en France.

1 quai Branly 75007 Paris

Natalia Gontcharova

Natalia Gontcharova
Le 3 juillet 2026 a marqué le 145ᵉ anniversaire de la naissance de l’artiste de l’avant-garde russe Natalia Gontcharova.  Elle est née le 3 juillet 1881, dans la famille aristocratique de l’architecte Sergueï Gontcharov.  Ses contemporains la qualifiaient « la plus célèbre des avant-gardistes ». Son exposition personnelle de 1913 est devenue la plus grande exposition de son époque. Le célèbre imprésario Serge Diaghilev la sollicitait longtemps de travailler pour ses Saisons russes. Pionnière, elle était la première femme à s’imposer dans l’avant-garde mondiale, tout en demeurant fidèle à un style bousculant toutes les conventions.

« Vous avez l’œil pour la couleur, mais vous vous attardez sur la forme. Ouvrez les yeux sur vos propres yeux ! » Ces mots de son futur époux, l’artiste Mikhaïl Larionov, l’incitent à abandonner la section sculpture de l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou pour se consacrer à la peinture, sous la direction de Konstantin Korovine. Elle s’approprie l’impressionnisme, le fauvisme, le cubisme, le primitivisme et le rayonnisme, n’hésitant pas à mêler les courants européens à l’icône orthodoxe, au loubok et aux motifs artisanaux. Elle reconnaît elle-même avoir volontairement fusionné dans son œuvre tous les styles existants.

Sa première exposition personnelle en mars 1910, au Cercle littéraire et artistique de la Société libre d’esthétique, suscite aussitôt un scandale : à l’époque, les nus peints par une femme sont jugés « indécents ». Pourtant, les critiques ne l’ébranlent pas.

En 1913, elle organise une exposition monumentale — plus de 750 œuvres réalisées en treize ans. Considérée comme la plus grande exposition de son temps, elle établit sa réputation. La Galerie Tretiakov acquiert trois de ses toiles, tandis que la célèbre couturière Nadejda Lamanova, fournisseuse de la cour impériale, lui confie la création d’une robe. Même Alexandre Benois, artiste et critique d’art, figure de proue du groupe Mir iskusstva (Le Monde de l’art), initialement sceptique envers l’avant-garde, reconnaît après l’exposition : « J’ai cru en son talent. »

En 1914, Diaghilev a envoyé cinquante télégrammes pour attirer son attention et proposer de concevoir les décors de l’opéra Le Coq d’or pour les Saisons russes. Ses créations flamboyantes, inspirées de contes et de motifs traditionnels, font sensation à Paris.

En 1915, elle émigre définitivement en France avec Larionov. Jusqu’à la mort de Diaghilev en 1929, elle demeure sa scénographe attitrée, signant les décors de ballets emblématiques comme L’Oiseau de feu ou Les Noces. Les critiques soulignent que ses décors ne se contentent pas d’accompagner la danse : ils en façonnent l’atmosphère et en imposent le rythme.
Son génie ne se cantonne pas au théâtre : elle imagine des bals, dessine pour des maisons de couture, dont Chanel, illustre des livres. Avec son mari, elle poursuit son travail même lorsque la guerre frappe l’Europe et le couple subit les rigueurs de l’Occupation allemande.

En 1961, sa santé se dégrade, et elle décède le 17 octobre 1962 à Paris. Elle repose au cimetière d’Ivry-sur-Seine.

Aujourd’hui, ses œuvres se trouvent dans les plus prestigieux musées et collections privées. La plus importante collection est exposée à la Galerie Tretiakov, où on peut admirer des chefs-d’œuvre comme Autoportrait aux lis jaunes, Les Anges lançant des pierres sur la ville ou la série La Moisson. Au Centre Pompidou, qui conserve l’un des principaux fonds de l’artiste hors de Russie, sont présentées des œuvres de sa période parisienne, notamment des fragments du polyptyque Les Espagnoles. Quant à la toile L’Espagnole (vers 1916), peinte après un voyage en Espagne, elle est adjugée chez Christie’s à Londres en 2010 pour la somme record de 10,2 millions de dollars.