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Ivan Bilibine - 150e anniversaire de la naissance du grand
Aujourd’hui marque le 150e anniversaire de la naissance du remarquable artiste russe Ivan Bilibine (1876–1942), dont l’héritage unique et fait partie du patrimoine culturel national de la Russie. Lorsque on évoque Bilibine, on repense immédiatement aux illustrations des contes russes que l’on connaît depuis l’enfance : « Vassilisa la Belle », « La Princesse-grenouille », « Le Conte du coq d’or » et autres. Des dessins reconnaissables entre tous, des contours finement tracés, des ornements : le style de Bilibine est tout simplement inimitable.

Cependant, derrière ces images se cache une personnalité bien plus complexe et multifacette qu’un simple artiste-peintre. Bilibine était également un savant, un ethnographe et un fervent défenseur de la culture populaire.

Il a obtenu son diplôme à la faculté de droit de l’université de Saint-Pétersbourg sur l’insistance de son père, mais son âme aspirait à la création. Parallèlement, il fréquentait l’école de dessin de la Société pour l’encouragement des arts et l’atelier d’Ivan Répine. Au début des années 1900, à la demande du Musée russe, Bilibine est parti en expéditions ethnographiques dans les régions du nord, où il rassemblait et systématisait minutieusement les preuves et témoignages du patrimoine culturel de ces terres. Ces voyages ont largement contribué à forger sa vision artistique.
Il esquissait l’architecture paysanne, les maisons en bois, les broderies, les ornements, les objets du quotidien, les costumes. Sa Russie de conte de fées n’est pas le résultat d’une fantaisie aléatoire. Elle regorge de motifs réels issus de la Russie ancienne et de la Russie du Nord. « Ce serait un crime envers l’avenir que de perdre ne serait-ce qu’un seul grain du champ de la création populaire russe, qui s’est enrichi au fil des siècles », écrivait-il dans son article « La création populaire du Nord ».
Après la révolution, Bilibine a émigré et a vécu longtemps en Égypte, où il acceptait n’importe quel travail. En 1925, il est arrivé à Paris, où il a travaillé sur des opéras russes et des mises en scène théâtrales, et illustré des livres, notamment français.

Malgré son grand succès auprès du public international, il n’a jamais perdu l’espoir de retourner en Russie. En 1936, il est revenu à Leningrad, où il enseignait à l’atelier de graphisme de l’Institut de peinture, de sculpture et d’architecture de l’Académie panrusse des arts.
Ivan Bilibine est mort le 7 février 1942 à Leningrad assiégée. Et bien qu’il a eu la possibilité de quitter la ville, il a refusé l’évacuation : « On ne fuit pas une forteresse assiégée, on la défend. »
À l’occasion de cet anniversaire, la Fondation du patrimoine des russes à l’étranger, en collaboration avec la Maison des russes russe A.Soljenitsyne et le Musée des Beaux-Arts d’Ivangorod, a préparé l’exposition « Ivan Bilibine : le parcours de l’artiste. La géographie du destin », qui a ouvert ses portes le 4 août sur l’Arbat, à Moscou. Elle retrace la naissance du style Bilibine et son évolution sous l’influence de la culture des lieux où le destin a conduit l’artiste.
Nous remercions la Fondation du patrimoine des russes à l’étranger, ainsi que son président, A. Avdeev, et sa directrice générale, E.Chernyshkova, de nous avoir donné la possibilité de présenter cette exposition au CSCOR à Paris. L'exposition ouvrira ses portes demain, lundi 17 août, et se tiendra jusqu'au 31 août.